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Étirement du psoas : 7 exercices validés par un kiné

Publié le 15/06/2026 Temps de lecture: 8 minutes

 Étirement du psoas : 7 exercices validés par un kiné

Faut-il vraiment étirer le psoas ? Les douleurs de hanche ou d'aine peuvent avoir d'autres origines. Apprenez à améliorer votre mobilité grâce à 7 exercices conseillés par un kinésithérapeute.

Les idées reçues à déconstruire

 

1Douleur hanche psoas : mythes et réalités Idée reçue

Le complexe psoas lombaire est au cœur de nombreuses discussions chez les sportifs et les personnes sédentaires. Dès qu'une gêne apparaît, le réflexe est souvent de chercher un exercice pour « débloquer » la zone. Mais est-on vraiment face à un psoas tendu ?

En réalité, isoler strictement ce muscle lors d'un étirement est impossible vu les couches musculaires qui l'entourent. Quand on pense faire un étirement psoas, on sollicite en fait le droit fémoral et les extenseurs de hanche de façon globale. De plus, associer systématiquement une raideur à un besoin d'étirement est un piège : parfois, le manque de stabilité demande plutôt un renforcement du psoas et des muscles du bassin

Anatomie du muscle psoas-iliaque, situé entre les vertèbres lombaires et le fémur

À retenir : derrière ce qu'on appelle rapidement une « douleur psoas », un kiné cherchera d'abord à éliminer plusieurs diagnostics différentiels : arthrose de hanche, conflit fémoroacétabulaire, pubalgie, sciatique, ou fracture de stress chez le coureur.

2Faut-il vraiment étirer le psoas ? Nuancé

Un muscle perçu comme « tendu » n'est pas forcément un muscle trop court. Très souvent, le psoas est simplement fatigué, inhibé, ou il compense un manque de force des abdominaux et des fessiers. S'obstiner à l'étirer de manière agressive peut aggraver l'irritation.

Nuance : l'ouverture de la chaîne antérieure reste utile après de longues périodes assis, en récupération active chez le cycliste ou le coureur, ou pour restaurer une vraie limitation d'extension de hanche objectivée. En revanche, si la douleur est vive ou irradie dans la jambe, l'étirement est à proscrire.

Les 7 exercices recommandés

 

Pour chaque exercice, l'objectif n'est pas d'isoler un muscle en profondeur mais d'ouvrir globalement l'ensemble des structures antérieures (droit fémoral, ilio-psoas et fléchisseurs).

Exercices d'étirement du psoas et de la chaîne antérieure de la hanche

1Le chevalier servant Recommandé

Le chevalier servant est l’un des exercices les plus connus pour aborder l'étirement psoas. 

Position de départ : Placez un genou au sol et l’autre pied devant vous avec le genou fléchi à 90°.

Exécution : Avancez doucement le bassin jusqu’à ressentir une tension diffuse à l’avant de la cuisse et de la hanche arrière.

Consigne importante : L’important est de garder le buste droit et de réaliser une légère rétroversion du bassin, comme si vous vouliez “rentrer les fesses”. 

 

Erreur à éviter : cambrer excessivement le bas du dos. Dès que les lombaires se creusent, l'étirement perd toute efficacité et vous pincez vos disques.

2L'étirement debout en fente Recommandé

Cette variante simple permet d'étirer le psoas et le droit fémoral globalement au bureau, après un trajet en voiture ou une journée assise.

Position de départ : Placez-vous debout en position de fente avec une jambe devant et l’autre derrière. 

Exécution : Fléchissez légèrement la jambe avant puis avancez progressivement le bassin jusqu’à sentir une tension à l’avant de la hanche arrière.

Consigne importante : Gardez le tronc droit, engagez vos abdominaux profonds et évitez de vous pencher vers l’avant pour chercher une fausse amplitude.

 

L'étirement de la chaîne antérieure debout en position de fente

Conseil pratique : évitez de vous pencher vers l'avant pour chercher une fausse amplitude. C'est le bassin qui avance, pas le buste.

3L'étirement allongé (type test de Thomas) Utile

Cet exercice permet une ouverture plus passive et ciblée de la mobilité de hanche. 

Position de départ : Allongé au bord d'un lit haut ou d'une table, ramenez un genou contre votre poitrine avec vos bras. 

Exécution : Laissez l’autre jambe descendre progressivement dans le vide sous l'effet de la pesanteur. 

Consigne importante : Le bassin doit rester stable et les lombaires bien plaquées afin d’éviter une cambrure excessive. 

L'étirement allongé du psoas type test de Thomas

Conseil du kiné : l'objectif est de relâcher progressivement l'avant de la hanche sans forcer sur le bas du dos.

4La fente avec torsion Utile

La fente avec torsion associe ouverture de hanche et mobilité du buste. 

Position de départ : Depuis une grande fente, placez les deux mains au sol à l'intérieur de votre pied avant. 

Exécution : Tournez lentement le haut du corps du côté de la jambe avant en levant un bras vers le plafond. 

Consigne importante : Le mouvement doit rester fluide et contrôlé afin de mobiliser à la fois la hanche, le bassin et la colonne thoracique. 

 

La fente avec torsion pour mobiliser la hanche, le bassin et la colonne thoracique

Attention : exercice dynamique qui sollicite intensément les articulations, plutôt réservé aux personnes déjà habituées aux routines de mobilité. Gardez la jambe arrière bien active.

5Le world's greatest stretch Recommandé

Le “world’s greatest stretch” prouve qu'un bon entraînement ne cherche pas à cibler un muscle isolé mais travaille les chaînes musculaires de manière fluide. 

Position de départ : En position de fente profonde avec les mains au sol. 

Exécution : Alternez ouverture du buste par une torsion, extension de la hanche et retour à la position initiale de manière fluide. 

Le world's greatest stretch, mouvement complet mobilisant hanches, dos et épaules

Conseil pratique : intégrez-le en début de séance pour réveiller les muscles stabilisateurs plutôt qu'en récupération post-effort.

6Le couch stretch Avancé

Le couch stretch est une variante avancée particulièrement intense pour l'étirement ilio psoas et le groupe des quadriceps à l'avant de la cuisse. 

Position de départ : Placez un genou au sol (sur un tapis) près d’un mur ou d’un canapé avec le pied arrière relevé contre le support. Avancez l’autre jambe en fente devant vous. 

Exécution : Redressez progressivement le buste en serrant volontairement le fessier arrière pour basculer le bassin.

 

Le couch stretch, étirement avancé de l'ilio-psoas et des quadriceps

Attention : cet exercice impose de lourdes contraintes au niveau du genou et du bas du dos. Progressez très lentement dans l'amplitude et ne forcez jamais.

7L'étirement allongé sur le dos Recommandé

Cette version douce et sécurisante est accessible à tous en fin de journée. 

Position de départ : Allongez-vous sur le dos, jambes tendues au sol. 

Exécution : Ramenez un genou contre la poitrine en le maintenant fermement. 

 

L'étirement allongé sur le dos, version douce accessible à tous

Conseil pratique : l'objectif est une ouverture progressive sans créer de tension mécanique agressive dans le bassin ou les lombaires.

Les erreurs à ne pas commettre

 

Certaines erreurs peuvent limiter les bénéfices des exercices ou entretenir les tensions. L'objectif n'est pas de forcer au maximum, mais de retrouver progressivement de la mobilité sans provoquer de douleur.

  • Aller trop vite : chercher immédiatement un étirement très intense braque le système nerveux.
  • Tirer fort sur une zone douloureuse : si le muscle est irrité ou compense un manque de stabilité, forcer va aggraver l'inflammation.
  • Cambrer excessivement le bas du dos : le bassin bascule vers l'avant, l'étirement perd son efficacité et vous pincez les disques.
  • Bloquer la respiration : se crisper empêche le relâchement neuromusculaire.
  • Multiplier les étirements intenses malgré la douleur : en phase aiguë, insister quotidiennement entretient l'irritation.
  • Confondre tension d'étirement et douleur vive : une sensation diffuse est normale, un pincement dans l'aine ou une irradiation nécessite d'arrêter immédiatement.
À retenir : une sensation d'étirement diffuse est normale. Une douleur vive, un pincement dans l'aine ou une irradiation doit vous faire stopper immédiatement et consulter.

Les deux piliers pour aller plus loin

 

1Stabiliser la hanche et le bassin Indispensable

La raideur à l'avant de la cuisse traduit souvent une fatigue ou un manque de coordination des muscles profonds. Si un maillon manque de force, d'autres structures compensent, entretenant douleurs et raideurs. Une bonne prise en charge doit associer mobilité, renforcement des stabilisateurs et récupération.

On parle souvent à tort de renforcement du psoas seul, mais isoler ce muscle n'a pas de sens en kinésithérapie. Il faut cibler tout le complexe lombo-pelvien :

  • Le muscle transverse (abdominaux profonds) : contrôle la cambrure et protège les lombaires.
  • Les muscles fessiers (moyen et grand fessier) : stabilisent la hanche et gèrent les appuis.
  • Les rotateurs profonds et fléchisseurs de hanche : répartissent mieux les contraintes sur l'articulation.
Sans muscles profonds solides, le bas du dos compense pour maintenir la posture et les hanches subissent une surcharge mécanique. À terme, cette mauvaise répartition des contraintes crée une fatigue musculaire et cette fausse impression de bassin « bloqué ».

2Auto-massage et récupération musculaire Indispensable

L'auto-massage aide à envoyer un signal de relâchement au système nerveux après le sport ou une journée assis. L'objectif n'est pas de « débloquer » un muscle profond par pression directe, mais de détendre la zone globalement.

Nos outils recommandés :
Rappel : ces outils de récupération musculaire complètent idéalement le travail de mobilité et de renforcement. Ils ne remplacent pas un bilan précis par un professionnel.
 

Quand consulter un professionnel ?

 

Une douleur à la hanche ou une gêne persistante à l'aine nécessite un avis médical. Les exercices ne remplacent pas un bilan précis. Consultez un médecin, kinésithérapeute ou ostéopathe si :

  • La douleur est vive, brutale ou fait suite à un choc.
  • La douleur irradie dans la jambe avec des fourmillements (signe de sciatique ou cruralgie).
  • Vous notez une perte de force dans la jambe.
  • Vous avez des antécédents de hernie discale ou de chirurgie récente.
Un professionnel saura éliminer les diagnostics différentiels : arthrose de hanche, conflit fémoroacétabulaire, labrum, pubalgie, ou fracture de stress — autant de pathologies qui contre-indiquent tout programme d'étirement auto-géré.

Questions fréquentes

 
Comment savoir si mon psoas est tendu ?+
Une raideur à l'avant de la hanche évoque souvent un psoas tendu. En réalité, c'est généralement le signe d'un manque de force des muscles stabilisateurs du bassin plutôt qu'un muscle trop court.
Est-ce que le psoas peut provoquer des douleurs lombaires ?+
Oui, le complexe psoas lombaire est lié aux vertèbres. S'il est sursollicité par la position assise ou une faiblesse abdominale, il peut participer à une douleur du bas du dos, mais il est rarement le seul coupable.
Combien de temps faut-il tenir un étirement du psoas ?+
Maintenez la position entre 20 et 45 secondes. Restez dans une tension modérée et arrêtez immédiatement si une douleur ou un pincement net apparaît.
Peut-on étirer la zone du psoas tous les jours ?+
Des mobilisations douces peuvent être faites au quotidien pour casser la position assise. Évitez en revanche les étirements agressifs chaque jour si la zone est déjà douloureuse ou après un entraînement intense.
Faut-il étirer ou renforcer le psoas ?+
On ne renforce pas le psoas seul. On mise sur le renforcement global des stabilisateurs de hanche (fessiers, abdominaux profonds) associé à de la mobilité. C'est ce duo qui donne les meilleurs résultats.
Pourquoi j'ai mal après avoir fait un étirement ?+
Si un étirement déclenche une douleur, c'est que vous avez forcé, compensé en cambrant le dos, ou que vous souffrez d'une autre pathologie (conflit de hanche, arthrose, pubalgie). Stoppez et consultez.

Le conseil le plus important : ne pas agir seul

Associer systématiquement une douleur de hanche à un psoas trop court qu'il faudrait étirer est une erreur clinique. Commencez par optimiser les bases (mobilité globale, renforcement des stabilisateurs, récupération), et consultez un professionnel si la douleur persiste au-delà de quelques jours ou s'intensifie à l'effort.

Références scientifiques

 

Gibbons, S. G. (2007). The iliopsoas muscle: An anatomical in vivo study with ultrasound and MRI. Démontre la complexité anatomique du psoas et remet en question l'idée qu'on puisse l'isoler directement sans impacter les structures environnantes.

Croisier, J. L., et al. (2008). Strength imbalances and prevention of muscle injuries. Prouve que ce sont les déséquilibres de force et le déficit des muscles stabilisateurs — pas le manque de souplesse — qui provoquent les douleurs chroniques et les compensations mécaniques.

Lewis, C. L., Sahrmann, S. A., & Moran, D. W. (2007). Anterior hip joint force increases with hip extension, decreased gluteal force, or decreased iliopsoas force. Démontre qu'une faiblesse des fessiers augmente la pression sur l'avant de la hanche, créant la fausse sensation de psoas « tendu ».

Aoki, H., et al. (2011). Roller massager improves range of motion without subsequent decrease in muscle performance. Valide l'intérêt thérapeutique de l'auto-massage pour moduler le système nerveux, gagner en mobilité et favoriser la récupération musculaire.

A propos de l'auteur
Laura Cormeray
Laura Cormeray
Rédactrice & Conseillère technique
Equipe rédactionnelle & Marketing Sport-Orthèse
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